Un Ramadan dans le respect du voisin et du voisinage…

« Adopte « al ihsân » envers ton voisin, tu seras un croyant (parfait). »
Prophète Mohammed (SBDL)

En cette période du mois de Ramadan, les fidèles sont invités à accompagner leur jeûne d’une maîtrise de leur vocabulaire, de leurs émotions, de leur comportement, ainsi qu’à éviter les conflits et l’agressivité.

Au nom de la religion, parfois, on indispose tout un voisinage, on se soucie très peu des lève-tôt, des malades, de ceux qui se réclament d’une autre croyance ou ceux qui ne croient pas et qui pourtant, ont droit au respect, à la quiétude et à un paisible repos le soir.

Cela implique par exemple les nuisances sonores (surtout la nuit et lors des heures de repos), la façon dont sont stationnées les voitures devant les maisons des voisins ou sur la voie publique, à l’entretien de l’espace publique ou de voisinage, car c’est souvent en raison de ces négligences (considérés par certains comme étant des détails, mais qui, en
réalité, sont très importants) que des tensions durables apparaissent entre voisins et fragilise le vivre ensemble.
On oublie qu’être musulman, c’est d’abord et avant tout une façon d’être envers le Créateur, ensuite envers les créatures et enfin une façon d’être envers soi-même et c’est dans ce cadre que s’inscrit le droit sacré du voisinage. L’adoration de Dieu ne peut pas être fondée sur la négligence des droits d’autrui.

L’islam, exhorte les musulmans à traiter les voisins avec bonté et respect. Allah dit :
« Adorez Dieu et ne Lui attribuez aucun associé. Traitez avec bonté vos parents et vos proches, ainsi que les orphelins, les nécessiteux, le voisin qui est tout près et le voisin qui est éloigné, le compagnon de voyage et le voyageur,… » (Coran S4/V36)

Ainsi, le Saint Coran recommande aux musulmans d’être bienveillants envers les voisins, musulmans ou non. Et ce qui donne le caractère sacré au voisinage, c’est le fait qu’il soit cité dans le Coran, au même titre que l’obéissance totale et absolue de Dieu.

Le prophète Mohammed à son tour rappelait constamment aux hommes et aux femmes de son entourage leurs obligations envers Dieu et envers leurs voisins. Il les exhortait à accomplir de bonnes actions et à remplir leurs obligations. Il leur disait, entre autres : « Quiconque croit en Dieu et au Jour Dernier ne doit causer aucun tort à son voisin. »
Il dit aussi : « Par Allah ! N’est pas croyant ! Par Allah ! N’est pas croyant ! Par Allah ! N’est pas croyant, celui dont le voisin n’est pas à l’abri de ses méfaits. »

A titre de rappel, il faut savoir que les nuisances causées au voisin peuvent avoir des conséquences terribles… Elles peuvent annuler complètement l’effet positif de toutes nos bonnes actions.

C’est pour toutes ces raisons et à titre de rappel, que nous appelons de tous nos vœux, l’ensemble des fidèles à revenir à l’essentiel de notre religion en ayant à l’esprit les finalités de l’adoration, le sens des priorités en conjuguant bonne compréhension et pratique éclairée.
Enfin, tant que ces qualités fondamentales, sont absentes de notre comportement, notre propos aura bien peu d’effet, étant donné que c’est sur nos actes que nous sommes jugés.

Bon Ramadan

L’image contient peut-être : texte

 

Aucun texte alternatif disponible.
L’image contient peut-être : texte

Les fondements juridiques du calendrier de prières selon l’angle 12 degrés

En ce Ramadan, nombreuses sont les questions que nous recevons concernant les différents calendriers de prière, notamment le fameux calendrier du 12 degrés : « En utilisant ce calendrier mon jeûne sera-il valide ? Mes prières seront-elles acceptés ? »

Cet article propose un éclairage scientifique et complet sur cette question, en expliquant les tenants et les aboutissants de cette question des horaires de prière en Europe.

Introduction

La prière est le deuxième pilier de l’Islam et le premier pilier pratique, s’acquitter des cinq prières canoniques relève de l’obligation pour tout musulman pubère et doté de raison comme le mentionne le consensus des savants. Dieu dit dans le Coran :

« La prière demeure  pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés »[1]

Le Prophète (ﷺ) a délimité les horaires des cinq prières canoniques dans de très nombreuses traditions authentiques, la plus authentique comme le mentionne l’imam Al-Bukhari est celle rapportée par Jâbir Ibn ‘Abdillah[2] qui nous informe que l’ange Jibrîl enseigna au messager de Dieu (ﷺ) les différents laps de temps durant lesquels nous devons nous acquitter de ces cinq prières.

Ces laps de temps étant déterminés par les différentes phases du soleil lors d’une journée :

  • Ad-Dohr débute après que le soleil ait quitté le zénith jusqu’à ce que la taille de l’ombre d’un objet soit égale à la taille de l’objet lui-même.
  • Al-‘Asr débute après lorsque la taille de l’ombre d’un objet soit égale à la taille de l’objet lui-même (ou le double de lui-même chez les hanafites) jusqu’au coucher du soleil.
  • Al-Maghreb débute après le coucher du soleil et se termine lorsque les lueurs du soleil disparaissent à l’horizon (cet avis est celui de la majorité des savants), un avis chez les malikites et les shafi’ites donne un intervalle de temps plus court pour le Maghreb (environ une trentaine de minutes après le coucher du soleil).
  • Al-‘Ichaa débute lorsque les dernières lueurs disparaissent complètement à l’horizon (ce qui est appelé la disparition des lueurs rougeâtres « ash-shafaq al-ahmar » chez la majorité des savants ou « ash-shafaq al-abyad » chez les hanafites) et se termine juste avant l’aurore (il est préférable de prier avant la fin du premier tiers de la nuit chez les malikites, les hanbalites et les shafi’ites, ou la moitié de la nuit dans un autre avis hanbalite et shafi’ite).
  • Al-fajr débute à la levée de l’aube c’est-à-dire l’aurore (lorsque les premières lumières brisent la nuit noire) et se termine au lever du soleil.

Le Prophète (ﷺ) a reçu la Révélation dans la péninsule arabique où il a toujours vécu. Les différents signes distinctifs permettant de déterminer le début du temps des prières d’Al-‘Ichaa et d’Al-Fajr sont présents tout le long de l’année. Il n’y a donc aucune difficulté à établir les horaires de prières. Or ce n’est pas le cas dans tous les pays du monde !

Que faire lorsque les signes distinctifs permettant de déterminer le début du temps des prières d’Al-‘Ichaa et d’Al-Fajr n’existent plus  ?

Un calendrier de prière : pourquoi faire ?

Afin de simplifier la vie des musulmans à notre époque contemporaine, les théologiens et les astronomes ont établi des calendriers de prière nous permettant de nous abstenir d’observer l’horizon ou de planter un bâton au sol. Il suffit de convertir les indications contenues dans les traditions prophétiques en horaires que chacun peut consulter.

Le Conseil de jurisprudence islamique[3], qui s’était réuni du 12 au 19 Rajab 1406 (du 23 au 30 mars 1986) a analysé cette question des horaires de prière en fonction des différentes zones du globe terrestre.

Al-Fajr consiste en l’apparition du premier rayon de lumière blanche et sa diffusion tout le long de l’horizon correspond à une position du soleil de 18 degrés au-dessous de l’horizon.

Al-‘Ichaa correspond à la disparition totale des lueurs rouges du crépuscule et à une position du soleil de 17 degrés au-dessous de l’horizon.

Pour autant le conseil attire l’attention sur le fait qu’entre le 48ème et 66ème parallèle nord et sud les signes distinctifs permettant la détermination des débuts de l’heure d’Al-Fajr et d’Al-‘ichaa ne sont plus présents certaines périodes de l’année (d’ailleurs entre le 45ème et le 48ème parallèle la distinction commence à devenir difficile).

Le 45ème parallèle passe au nord de la ville de Bordeaux, et le 48ème parallèle au sud de Paris. La majorité des musulmans de France est concernée par l’impossibilité de déterminer les horaires d’Al-Fajr et d’Al-‘ichaa à l’aide du calendrier du 18ème degré de latitude durant toute l’année (notamment durant la période estivale).

Puisqu’il est impossible de déterminer les horaires de ces deux prières toute l’année en utilisant le calendrier du 18 degrés (c’est-à-dire la disparition et l’apparition des signes astronomiques distinctifs mentionnés par les Textes), cette problématique devient une question ouverte à l’ijtihad (effort intellectuel d’interprétation que pratique le savant à partir des sources scripturaires afin de trouver une solution).

Bien évidemment cette problématique a fait couler de l’encre chez nos savants (anciens et contemporains). Ils ont donc proposé différentes solutions afin que les musulmans puissent accomplir les prières d’Al-Fajr et d’Al-‘ichaa bien que les signes distinctifs ne soient plus visibles (ce qui est le cas en France).

Nous nous sommes basés essentiellement sur les travaux de cheikh Faysal Al-Mawlawi[4] que nous résumons ici.

Quels sont les différents avis existants ?

Chez les hanafites

Puisque les signes distinctifs qui permettent de déterminer le début de l’heure d’Al-‘ichaa ne sont plus visibles Al-Baqqalî a estimé qu’il était impossible d’effectuer cette prière, puisque prier avant le début du temps légal n’est pas accepté. D’autres hanafites ont estimé qu’il fallait faire une estimation[5]. Le grand savant Ibn-‘Abidin mentionne les deux opinions mais donne la prévalence à l’opinion qui affirme que cette prière reste obligatoire[6].

Chez les shafi’ites

Les savants shafi’ites préconisent un calcul relatif en fonction du pays le plus proche dans lequel les signes distinctifs existent toujours (dans notre cas, il faudrait calculer en fonction des latitudes qui sont plus au sud). C’est l’avis des grands jurisconsultes shafi’ites comme Ar-Ramlî, Ibn Hajar ou encore An-Nawawî[7].

C’est l’avis qui a été choisi en 1986 par le conseil de jurisprudence islamique[8].

Chez les malikites

Les savants malikites préconisent aussi un calcul (mais celui-ci est non-relatif) il se fait en fonction de l’endroit le plus proche dans lequel les signes distinctifs existent toujours, pour Al-‘Ichaa par exemple, au moment où les lueurs rouges disparaissent dans cet endroit le plus proche, alors il faut s’acquitter d’Al-‘Ichaa dans l’endroit où les signes distinctifs ne sont plus visibles[9].

D’autres opinions

En plus de ces avis, d’autres opinions ont été émises et nous allons les résumer succinctement (nous rappelons que ces avis concernent les zones du globe où les signes distinctifs ne sont plus visibles).

Un avis mentionne qu’il est possible de faire l’analogie avec la ville de La Mecque. On calcule l’écart de temps entre Al-Maghreb et Al-‘Ichaa, et entre Al-Fajr et le lever du soleil, et on transpose cet écart dans les pays où le calcul des horaires d’Al-‘Ichaa et d’Al-Fajr n’est plus possible. On choisit la Mecque car il s’agit d’un des endroits où le Coran était révélé[10], et du lieu du pèlerinage pour les musulmans.

Il a aussi été préconisé de maintenir les horaires de prière de d’Al-‘Ichaa et d’Al-Fajr du dernier jour durant lequel les signes distinctifs étaient visibles. Si par exemple les signes distinctifs permettant d’établir les horaires ne sont plus visibles à partir du 15 mai et cela jusqu’au 15 août, alors on maintient les horaires de prière d’Al-‘Ichaa et d’Al-Fajr du 14 mai durant cette période[11].

Une autre opinion consiste à diviser le laps de temps qui sépare la prière d’Al-Maghreb au lever du soleil en deux parties égales, Al-‘Ichaa se prie donc au milieu de la nuit puis on prie Al-Fajr. Certains ont également estimé qu’on pouvait couper la nuit en sept parties égales (depuis le coucher du soleil jusqu’au lever du soleil), Al-‘Ichaa se prie à la fin de la première septième de la nuit et Al-Fajr au début du dernier septième de la nuit[12].

L’érudit Muhammad Hamidullah, qui a vécu en France, estime  qu’il est possible de faire Al-‘Ichaa 1h30 après la prière d’Al-Maghreb et Al-Fajr 1h15 avant le lever du soleil (il établit al-imsak, l’heure à laquelle il convient de cesser de s’alimenter si l’on souhaite jeûner, à 15 minutes avant Al-Fajr). Le professeur Hamidullah préconise cet avis pour tous les pays du monde durant toute l’année, c’est la seule opinion qui se généralise ainsi et qui ne tient compte ni de l’endroit ni du moment.

Son avis se rapproche d’un autre avis qui est celui du calendrier turc, Al-‘Ichaa se prie 1h20 après Al-Maghreb. Quant à la prière d’Al-Fajr elle se prie à une heure fixe qui est l’heure d’Al-Fajr du dernier jour durant lequel les signes distinctifs permettant de le déterminer étaient encore visibles. Cet avis se veut souple quant à l’horaire d’Al-‘Ichaa en prenant l’écart moyen des pays ou les signes sont visibles aisément toute l’année (1h20), mais il se veut également précautionneux quant au Fajr, notamment pour les jeûneurs.

Enfin la dernière opinion est celle du calendrier du 12 degrés qui est l’opinion mise en place par l’UOIF.
Cheikh Faysal Al-Mawlawi, juge suprême à Beyrouth et vice-président du Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche, fondateur et directeur de l’IESH de Château-Chinon, que Dieu lui fasse Miséricorde,  fut l’initiateur de la réflexion sur ce fameux 12 degrés de latitude, cette opinion se base également sur les travaux de l’astronome Sâlih Al-‘Ajîrî.

Cheikh Faysal Al-Mawlawi a vécu en France de nombreuses années (en particulier de 1980 à 1985), il a donc vécu cette problématique de la non-disparition des signes distinctifs des prières d’Al-Fajr et d’Al-‘Ichaa. Il est alors tout à fait légitime que ce juriste de renom, propose une solution devant cette problématique majeure.

Discussion autour des différents avis

Comme le mentionne cheikh Faysal Al-Mawlawi[13], ces différents avis qui émanent tous de grands savants, sont de trois types.

Le premier type consiste à faire une analogie de temps ou d’espace, c’est-à-dire qu’on essaie de se restreindre à la disparition des lueurs rouges à l’horizon ou à leur apparition pour être au plus près des sources scripturaires. Mais en réalité comme ces signes distinctifs ne sont plus visibles, il faut absolument faire une estimation soit en se basant sur un autre endroit, soit en se basant sur une autre période de l’année. En réalité on s’éloigne des sources scripturaires puisque les sources mentionnent la disparition de ces signes dans l’endroit dans lequel on se trouve et au moment où ces signes disparaissent ou apparaissent.

Le deuxième type d’avis consiste à donner un laps de temps fixe après Al-Maghreb ou avant le lever du soleil. Ces avis se basent sur les objectifs supérieurs de la Sharî’ah qui visent à pourvoir aux intérêts des individus ici-bas et dans l’au-delà en leur offrant suffisamment de temps de repos.
Les avis qui consistent à découper le temps de la nuit en différents laps de temps égaux (deux ou sept) se basent sur la logique, car en effet Al-‘Ichaa et Al-Fajr se prient entre Al-Maghreb et le lever du soleil, toutefois nous n’avons pas trouvé les arguments justifiant ce genre de découpage.

Le dernier type d’avis consiste à se baser sur un autre crépuscule. Au lieu d’utiliser le 18 degrés qui est le crépuscule terrestre, on choisit le 12 degrés qui est le crépuscule nautique. Cet avis est plus proche de la solution adéquate car il consiste à calculer un horaire d’Al-‘Ichaa et d’Al-Fajr pour chaque endroit (sans se baser sur une zone plus lointaine) à l’instant même où nous avons besoin de déterminer l’horaire (sans se baser sur l’horaire d’une date antérieure).  Il est également bien plus proche du raisonnement analogique des usuliyyun (savants des fondements du droit) comme nous allons le démontrer.

Quels sont les justifications de cet avis ?

Les sources scripturaires font mention du début de la nuit pour déterminer le début de la prière d’Al-‘Ichaa et de la fin de celle-ci pour déterminer le début d’Al-Fajr. Pour les pays situés dans des latitudes moyennes (ni trop au nord ni trop au sud) ceci correspond à la disparition ou à l’apparition du soleil 18 degrés sous l’horizon. Or comme nous l’avons mentionné le 18 degrés n’est plus du tout opérant durant une certaine période de l’année dans notre pays car les lueurs rouges à l’horizon demeurent toute la nuit et cela jusqu’à l’aube.

L’idée est de déterminer le crépuscule (et donc l’aurore) au moyen d’un autre angle afin de proposer des horaires de prière cohérents sans nous baser sur un autre pays ou une autre période de l’année.

Qu’est-ce que le crépuscule ? Il s’agit d’une période avant le lever du soleil ou après le coucher du soleil durant laquelle les rayons solaires produisent une lueur atmosphérique qui apportent une clarté variable.

On distingue trois crépuscules :

– Le crépuscule astronomique est la période où le centre du Soleil est situé entre 12° et 18° sous l’horizon.

– Le crépuscule nautique est la période où le centre du Soleil est situé entre 6° et 12° sous l’horizon.

– Le crépuscule civil est la période où le centre du Soleil est situé à moins de 6° sous l’horizon.

Le soir, la fin du crépuscule astronomique (lorsque le soleil se trouve à 18 degrés sous l’horizon) marque le début de la nuit complète ; le matin, son début marque la fin de la nuit, l’apparition des toutes premières lueurs de l’aube.

Or ce crépuscule n’existe plus durant une certaine période de l’année, il n’est donc plus applicable !

Comme le mentionne cheikh Faysal Al-Mawlawi[14], la prière d’Al-‘Ichaa a lieu au début de la nuit, celle d’Al-Fajr au moment de l’aurore ; puisque le 18 degrés ne détermine plus le moment du crépuscule il nous faut questionner les spécialistes afin de savoir quel est l’angle qui correspond au début de la nuit. Les astronomes utilisent alors le 12 degrés qui permet de déterminer le crépuscule (le moment à partir duquel la luminosité cesse de baisser et atteint son niveau minimal) et le début du jour (le moment à partir duquel la luminosité commence à augmenter petit à petit).

On comprend donc aisément qu’appliquer le 12 degrés nous permet de sortir de cette ambiguïté qui consiste à appliquer un angle inopérant (le 18 degrés) qui raccourcit la nuit artificiellement. Ce qui est extrêmement difficile pour les musulmans vivant en France durant l’été. D’ailleurs les instances qui utilisent le calendrier du 18 degrés changent d’angle durant la période estivale, ce qui prouve à nouveau que cet angle est inopérant.

Appliquer le calendrier du 12 degrés nous permet également d’éviter des méthodes de calcul qui se basent sur les horaires d’autres pays qu’il faut appliquer ici après estimation, il nous permet également de fixer les horaires sur d’autres périodes de l’année durant lesquelles les signes distinctifs sont présents. Nous obtenons donc les horaires d’Al-‘Ichaa et d’Al-Fajr pour chaque ville de France et cela pour toute l’année.

Ce calendrier fut validé lors du congrès à l’IESH de Château Chinon mis en place par l’UOIF en 1994. Furent conviés, aux côtés de diverses associations et organisations musulmanes tels que la Mosquée de Paris, la Fédération des Musulmans de France, et le représentant de la Ligue Islamique Mondiale à Paris, d’éminents savants comme cheikh Yusuf Al-Qaradawî, président de l’Union Mondiale des Savants Musulmans, président du Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche, le grand érudit cheikh Abdallah Ibn Biyyah, cheikh ‘Issam Al-Bachir, cheikh Ajil Ennashmy, ancien doyen de la faculté des sciences islamiques du Koweit et membre du grand Consistoire de Jurisprudence.
Etaient également présents Nasser el Meymane, professeur à l’université de Oumm Al-Qura de la Mecque, le docteur Malik Eshsh’ar, Mufti de Tripoli au Liban, le cheikh Faysal Al-Mawlawi, juge suprême à Beyrouth et vice-président du Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche, que Dieu lui fasse Miséricorde. Furent également invités à ce colloque d’excellents astronomes et physiciens parmi lesquels le docteur Muhammad Hawari, et le docteur Abdelkarim Ruzloune.

Après une journée entière de réflexion et de délibération entre juristes et astronomes, il fut adopté à la majorité l’avis se référant au 12ème degré de latitude pour calculer les horaires de prière.

Nous obtenons ainsi un calendrier cohérent, applicable à toute la France toute l’année et qui a le bon goût de maintenir des nuits d’au minimum quatre heures durant l’été. Ainsi ce calendrier est plus souple que celui qui se base sur le 18ème degré et il est connu que lorsque le messager de Dieu (ﷺ) avait le choix entre deux façons de faire il choisissait la plus facile[15].

Choisir la souplesse et la facilité n’est pas du tout contraire à l’Islam mais c’est bel et bien ce que Dieu veut pour nous.

Le choix de la souplesse, le choix islamique par excellence

La souplesse est un paradigme majeur de la religion musulmane, Dieu dit dans le Coran :

« Dieu ne veut pas vous imposer quelque gêne »[16]

« Il (Dieu) ne vous a imposé aucune gêne dans la religion »[17]

Cela veut dire qu’il est impossible qu’il existe dans les obligations qui incombent aux musulmans des éléments qui mettent l’individu dans la difficulté. C’est la raison pour laquelle les savants s’accordent sur la règle suivante « une prescription qui n’est pas supportable ne fait pas partie de l’Islam » ils se basent sur le verset suivant :

« Dieu n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité »[18]

Les savants s’accordent également sur la règle suivante « point de péché pour celui qui délaisse une chose car il n’est pas capable de s’en acquitter ». En Effet Dieu dit :

« Craignez Dieu autant que vous le pouvez ! »[19]

Les savants des fondements du droit (usul al-fiqh) ont établi de nombreuses règles juridiques, en se basant sur cet objectif suprême qui est la facilité et la souplesse :

« La difficulté amène la facilité »[20]

« La nécessité lève l’interdiction »[21]

« Le besoin est assimilé à la nécessité »[22]

Le grand imam Ash-Shâtibî dit « la législation islamique ne vise pas à imposer des prescriptions durs ou pénibles »[23], pour affirmer cela il s’est basé sur les versets qui disent que l’Islam est venu retirer les carcans qui pesaient sur les épaules des communautés précédentes[24], ainsi que sur les versets que nous avons cité ci-dessus concernant la non-présence de difficulté dans la Sharî’ah.

Il ajoute que si certaines prescriptions contiennent quelques difficultés à assumer, alors ces difficultés sont d’un niveau tel que la majorité des gens sont capables de réaliser ces prescriptions sans vivre dans la gêne.

Conclusion

Il est étonnant de voir que des personnes non-spécialistes de la législation musulmane s’élèvent contre le calendrier du 12ème degré de latitude sans avoir pris connaissance des tenants et des aboutissants de cette opinion. Nous avons démontré que cette question relevait de l’ijtihad, elle est donc soumise à la divergence des savants. Dès lors que le savant réfléchit pour produire une solution à un problème donné, alors que les Textes sont silencieux ou que le sens porté par les sources scripturaires est trop général, il est tout à fait normal qu’il aboutisse à un résultat différent de celui de son semblable. C’est la raison pour laquelle la règle jurisprudentielle stipule : « point de condamnation au sujet des questions divergentes ». Comment un non-spécialiste peut-il se permettre de condamner l’opinion d’un savant alors que le messager de Dieu (ﷺ) affirme que l’érudit qui produit un effort d’interprétation est toujours récompensé par le Créateur[25].

Nous espérons que cet article apportera un éclairage suffisant aux personnes désireuses de comprendre les raisons pour lesquelles l’UOIF a opté pour le choix du 12 degrés. Les personnes qui ne sont pas convaincus par ce calendrier sont libres d’en choisir un autre, d’ailleurs nous les considérons tous comme valables puisqu’ils émanent de la pensée de nombreux savants et juristes comme le mentionne le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche.

 

Nous vous conseillons de regarder également la vidéo de Dr cheikh Ahmed Jaballah sur le sujet :

Farid
Ingénieur mathématicien, étudiant en Sharî’ah à l’IESH

[1]  Coran : sourate 4 verset 103

[2]  Hadith authentique rapporté par : Al-Boukhari, Ahmad, Nasa’i et At-Tirmidhî
[3] (المجمع الفقهي الإسلامي (رابطة العالم الإسلامي

[4] في المناطق الفاقدة للعلامات الشرعيّة مواقيت الفجر والعشاء

[5]  Kamal Ibn Al-Humam : Fath Al-Qadîr

[6]  Voir Hashyat ibn ‘Abidin

[7]  Voir Al-Majmu’ de l’imam An-Nawawî

[8] (المجمع الفقهي الإسلامي (رابطة العالم الإسلامي

[9] Avis préconisé en 1989 au Koweit (الأهلّة والتقنيات الفلكيّة)

[10] Avis du 1er symposium européen, Bruxelles 1980

[11] Avis du Conseil de jurisprudence islamique de 1982

[12] Avis du Cheikh Jamal Muna’, imam du centre de civilisation islamique de  Londres

[13] في المناطق الفاقدة للعلامات الشرعيّة مواقيت الفجر والعشاء

[14]  في المناطق الفاقدة للعلامات الشرعيّة مواقيت الفجر والعشاء
[15] Hadith authentique rapporté par Al-Bukhari et Muslim

[16] Coran : sourate 5 verset 6

[17] Coran : sourate 22 verset 78

[18] Coran : sourate 2 verset 286

[19] Coran : Sourate 64 verset 16

[20] المشقّة تجلب التيسير

[21]  الضرورات تبيح المحظورات

[22]  الحاجة تنزّل منزلة الضرورة

[23] Ash-Shâtibî : Al-muwafaqqat Tome2 P121

[24] Coran : sourate 7 verset 157

[25] Hadith authentique rapporté par Al-Bukhari et Muslim

La prière de tarawih avant la Prière du Icha

حول جواز تقديم صلاة التراويح قبل صلاة العشاء
بسم الله الرحمن الرحيم
من فتاوى المجلس الأوروبي للإفتاء والبحوث في دورته الثالثة والعشرين
المنعقدة في سراييفو بالبوسنة والهرسك من 25 إلى 28 جوان 2013
فتوى 1/23
حول جواز تقديم صلاة التراويح قبل صلاة العشاء
السؤال: تعترض المسلمين في أوروبا في فترة التوقيت الصيفي صعوبة تأخر دخول وقت صلاة العشاء، بحيث يلجأ البعض إلى الأخذ بفتوى الجمع بين المغرب والعشاء، ومع قدوم شهر رمضان في هذه الفترة يتوقف الناس عن الأخذ بالجمع؛ لأنهم يرغبون في أداء صلاة التراويح، فيصلون المغرب ثم يعودون بعد إفطارهم إلى المساجد لأداء صلاة العشاء والتراويح، ولكن تأخر وقت صلاة العشاء ثم أداء صلاة التراويح بعدها مما يشق على الناس، خصوصاً وأن صلاة الفجر تكون في ساعة مبكرة، فهل يجوز تيسيراً تقديم صلاة التراويح على صلاة العشاء؟
الجواب: الوقت ما بين المغرب والعشاء وقت نافلة وتطوع في الصلاة، أما صلاة التراويح فوقتها بعد صلاة العشاء تأسياً بفعل النبي صلى الله عليه وسلم؛ ولذا ذهب جمهور الفقهاء إلى أن وقت صلاة التراويح بعد صلاة العشاء.
قال المرداوي في « الإنصاف »: « أول وقتها بعد صلاة العشاء وسنتها، على الصحيح من المذاهب، وعليه الجمهور ».
وقد أجاز بعض متأخري الحنفية والحنابلة في قول مرجوح عندهم أداء صلاة التراويح قبل صلاة العشاء، فقد ذكر بدر الدين العيني وابن عابدين من الحنفية أن وقت صلاة التراويح فيه ثلاثة أقوال: الليل كله، قبل العشاء وبعده وقبل الوتر وبعده. وذكر المرداوي من الحنابلة أنه أفتى بعض المتأخرين من الأصحاب بجوازها قبل العشاء.
ونظراً للمشقة الحاصلة المذكورة في السؤال، بسبب تأخير صلاة التراويح بعد صلاة العشاء، ورفعاً للحرج، وبناء على ما سبق من أقوال الفقهاء، فيجوز لمن يتأخر عندهم وقت صلاة العشاء أن يختاروا بين الآتي:
أولاً: أن يفطروا في بيوتهم ثم يجتمعوا بعد نصف ساعة أو أي فترة يتفقون عليها، فيصلون المغرب والعشاء ثم يصلون التراويح.
ثانياً: أن يصلوا المغرب ثم يفطروا في بيوتهم، ثم يجتمعوا بعد نصف ساعة أو أي فترة يتفقون عليها، فيصلون التراويح أولاً، ثم العشاء في وقتها.
ثالثاً: أن يفطروا في المسجد إفطاراً خفيفاً، ثم يصلوا المغرب، ثم التراويح، ثم صلاة العشاء في وقتها.
وكل هذه الحالات جائزة، وللمراكز اختيار أحدها بحسب الظروف المناسبة لهم.
والمجلس في هذا السياق يؤكد على ما سبق أن نبه عليه المسلمين من وجوب مراعاة حقوق الجيران وعدم إزعاجهم أو الإساءة إليهم، خصوصاً في ليالي رمضان، فلا يصح بحال أن ترتكب كبيرة الغير 
وبخاصة الجار من أجل المحافظة على نافلة

Le temps entre la prière du coucher du soleil et celle du Icha est un temps pour l’accomplissement de prières surérogatoires. Quant à la prière de « tarawih », son temps légal est situé après la Prière du Icha conformément aux faits du Prophète (saws). C’est pourquoi, la majorité des jurisconsultes (fouqaha) estime que le temps légal de la prière de tarawih commence après la Prière du Icha.

Al-Mardaoui dit dans al-insaf : « Le début de son temps légal est après la Prière du Icha et sa sunna, selon l’avis authentique des écoles, et c’est l’avis de la majorité ».

Cependant, certains savants hanafites et hanbalites parmi la génération des successeurs, selon un avis qui n’est pas l’avis prédominant chez eux, permettent d’accomplir le prière de tarawih avant la Prière du Icha. En effet, Badr ad-Dine al-‘Ayni et Ibn ‘Abidin parmi les hanafites, évoquent qu’il existe trois avis à propos du temps légal de la prière de tarawih :

  • Toute la nuit
  • Avant la Prière du Icha et après
  • Avant le witr et après.

Al-Mardaoui, parmi les hanbalites, évoque que certains hanbalites, parmi la génération des successeurs, ont permis l’accomplissement de la prière de tarawih avant la Prière du icha.

Vue la difficulté engendrée par le fait de prier la prière de tarawih après la Prière du Icha, afin de lever la gêne et conformément aux avis des jurisconsultes précités, il est permis pour ceux pour qui le temps de la Prière du Icha est très tardif, de choisir l’une des solutions suivantes :

  • Rompre le jeûne chez eux, puis se réunir à la mosquée une demi-heure après ou selon leur convenance, pour prier la Prière du Maghrib, puis celle du Icha, puis celle de tarawih.
  • Rompre le jeûne et prier le Maghrib chez eux, puis se réunir à la mosquée après une demi-heure ou selon leur convenance, puis prier tout d’abord, la prière de tarawhih, puis accomplir la Prière du Icha en son temps.
  • Rompre légèrement le jeûne à la mosquée, puis accomplir la Prière du Maghrib, puis le tarawih, puis la Prière du Icha en son temps.

Toutes ces éventualités sont permises. Il appartient aux mosquées d’en choisir une selon ce qui est le plus approprié à leur situation.

A cette occasion, le Conseil attire l’attention des musulmans sur l’obligation de respecter les droits des voisins et sur le fait de ne pas les gêner ou leur porter préjudice, particulièrement durant les nuits du Ramadan. Il ne serait, en aucun cas, permis de commettre un péché majeur à l’encontre d’autrui, particulièrement à l’encontre du voisin, sous prétexte de préserver un acte surérogatoire.

Le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche, 23ème session ordinaire

Du 16 au 19 sha’ban 1434 / 25 – 28 juin 2013

Fatwa 23/1

 

 

Les étudiants en examen et le jeûne du mois de Ramadan

Question : Etant donné les longues heures de jeûne pendant l’été en Europe, et vu que ceci coïncide avec les examens scolaires de nos enfants, le jeûne à un impact sur leur rendement au cours des examens, ce qui pourrait conduire à leur échec à cause du manque de concentration nécessaire. Existe-t-il pour eux  une dérogation qui leur permettrait de ne pas jeûner pour cette raison ?

Réponse : Si à cause des longues heures de jeûne pendant le Ramadan, l’étudiant craint, s’il jeûnait, une grosse fatigue et une grande difficulté qui agirait sur sa concentration pendant les examens, et s’il n’est pas en mesure de les retarder, il lui appartient de ne pas jeûner afin de repousser cette difficulté. Il rattrapera, ensuite, les jours non-jeûnés. Dieu dit : « Dieu veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous » (2 : 185)

Le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche – 25ème session ordinaire, Istanbul, 6-10 octobre 2015 – Fatwa 25/6

Tarawih 1438-2017, et Organisation

Les prières de Tarawih débuteront ce soir vendredi 26 mai inchaa allah.

  •  4 rakaats 20 mn avant les prières de Al isha
  • Et 4 rakaats après la prière de Al isha.

 

Le Parking

Le parking à côté de la mosquée sera Réservé exclusivement et dans l’ordre suivant :

  • Handicapés
  • Aux femmes
  • Aux personnes Ageés
  • Aux Voisins non musulmans de la mosquée.
  • Et les membres actifs de l’association.

(Demandez votre macaron au bureau)

 Les parkings de cimetière et jardins public sont à notre disposition en accords avec la municipalité, merci de les utiliser exclusivement et éviter de vous garer dans les place des résidences voisines.

 Le Respect

  • Veuillez au respect des directives des bénévoles de la mosquée. 
  • Veuillez au respect des voisins de la mosquée et autres.
  • Pas de discutions à côté de la mosquée, et dispersion dans la sérénité.

 

  • Pas de mauvais stationnement et pas de klaxons.

 

Puisse Dieu le Très-Haut réunir nos cœurs, nos intentions et notre jeûne et accepter, de chacun, ses bonnes actions, son jeûne et ses prières.

UMG

Guyancourt, le 25 mai 2017 ( 29 Chaabane 1438)

Ramadan 1438-2017

Réunis ce jour, jeudi 25 mai 2017 à la Grande Mosquée de Paris, le CFCM et l’ensemble des fédérations musulmanes (CCMTF, FFAIACA, Foi et Pratique, GMP, RMF et Musulmans de France) et au vu des données scientifiques relatives à la visibilité du croissant lunaire en France et dans les pays musulmans ont déclaré unanimement que le mois du ramadan 1438-2017 débutera        le samedi 27 mai 2017.

 

Pour cette occasion, L’UMG  souhaite à tous les musulmans un mois plein de spiritualité, de pardon, de solidarité et fraternité.

 

Le mois de Ramadan est d’abord le mois de la piété et du retour vers Dieu. Dieu dit : « O les croyants! On vous a prescrit as-Siyam comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété … »

Egalement, le Prophète a dit : « celui qui jeûne le mois de Ramadan avec foi en comptant sur la récompense divine, ses péchés lui seront pardonnés »

 

C’est aussi le mois de la multiplication des actes d’adoration comme la lecture du Coran, qui, rappelons–le, est descendu durant le mois de Ramadan et les prières nocturnes. Le Prophète (PPSSL) a dit : « Le jeûne et le Coran intercèdent en faveur du Serviteur le jour de la Résurrection. Le jeûne dira : « Seigneur, je l’ai privé de la nourriture et du plaisir, permets-moi d’intercéder en sa faveur » Le Coran dira à son tour : « Je l’ai privé de sommeil la nuit, permets-moi d’intercéder en sa faveur ». Alors Dieu acceptera leur intercession ».

 

C’est également le mois de la générosité et de la solidarité. C’est le mois du partage où les nécessiteux doivent être encore plus secourus. D’après Abou Houreira (que Dieu l’agrée), le Prophète (Prières et Paix soient sur Lui) était le plus généreux des hommes et le moment où il était le plus généreux est durant le ramadan lorsque Gabriel (paix sur lui) le rencontrait et Gabriel (paix sur lui) venait à lui chaque nuit de ramadan afin de lui enseigner le Coran. Ainsi lorsque le Prophète (Prières et Paix soient sur Lui) rencontrait Gabriel (paix sur lui) il était plus généreux que les vents envoyés.

 

Puisse Dieu le Très-Haut réunir nos cœurs, nos intentions et notre jeûne et accepter, de chacun, ses bonnes actions, son jeûne et ses prières.

 

UMG

Guyancourt, le 25 mai 2017 ( 29 Chaabane 1438)