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Lettre ouverte du Conseil français du culte musulman (CFCM) adressée aux candidats à la présidentielle

Lettre ouverte du Conseil français du culte musulman (CFCM) adressé, aux candidats à la présidentielle

Attachement à une communauté nationale une et indivisible : Les musulmans de France font partie intégrante de la communauté nationale. Nous rejetons le communautarisme et nous projetons tous nos efforts dans une communauté de destin avec l’ensemble de nos concitoyens. Notre foi invite à la paix, à la justice, à la fraternité, à la solidarité et à l’amour du prochain… sans distinction de religion, de couleur ou d’origine.

Attachement à une laïcité respectueuse de la liberté de conscience et garante de la liberté religieuse : Les musulmans de France sont profondément attachés à la laïcité qui est notre bien le plus précieux et notre maison commune. Nous vivons effectivement dans une République laïque. Or, la laïcité garantit à chacun de croire ou de ne pas croire. La laïcité garantit également à ceux qui croient de vivre leur religion en toute quiétude et en toute liberté. Les musulmans n’aspirent qu’à vivre sereinement et paisiblement leur spiritualité, dans le respect des valeurs et des lois de la République.

Attachement à une citoyenneté pleine et entière : Les musulmans de France contribuent activement à la vie de la nation dans les différents domaines politique, économique, scientifique, artistique, culturel, social… en assumant leurs devoirs en tant que citoyens à part entière, et non en tant que citoyens entièrement à part. Pour ce faire, ils veulent être porteurs d’un esprit de renouveau et d’ouverture dans leurs engagements et dans leurs activités de tous les jours. Les musulmans de France sont ainsi en droit de revendiquer que leur citoyenneté ne puisse être assimilée à une citoyenneté de seconde zone ou de faire l’objet d’une quelconque remise en cause.

Attachement aux valeurs de la République : Pour les musulmans de France, la question de la compatibilité de l’Islam avec les valeurs de la République n’a pas de sens. Les musulmans de France sont profondément attachés au pacte républicain et aux valeurs universelles qui fondent notre République. Les musulmans de France coordonnent leurs efforts afin de mettre en place une religiosité authentique qui, tout en respectant les aspects immuables de leur religion, prend en compte le contexte dans lequel ils vivent avec ses contraintes, ses réalités et ses défis.

Les musulmans de France reconnaissent pleinement l’égalité entre l’homme et la femme. Les musulmans de France considèrent que l’islam confère une égalité totale aux femmes et aux hommes. « Et les femmes ont des droits sur les hommes semblables à ceux que les hommes ont sur elles » (Coran, 2:228). A ce sujet, le Prophète proclamait que « Les femmes sont les semblables des hommes ».

Rejet de toute forme de radicalisation ou de violence : Les musulmans de France sont mobilisés pour apporter leur contribution pleine et entière à la prévention de toute forme de radicalisation, notamment auprès des jeunes. La problématique de la radicalisation et de sa prévention se caractérisent par la nécessité de conjuguer l’action de plusieurs acteurs, chacun apportant sa pierre à l’édifice suivant son périmètre de responsabilité.

L’apport des organisations musulmanes doit se focaliser sur le « préventif » et non sur le « curatif ». En effet, celles-ci ne peuvent se substituer au rôle des pouvoirs publics : ministère de l’Intérieur, police, justice, administration pénitentiaire, etc. Il convient également de consolider le rôle protecteur de la famille. En effet, la famille constitue le socle essentiel pour la construction de la personnalité de l’enfant, à travers l’amour, l’affection, la protection, la sécurité, l’éducation, les valeurs que transmettent les parents et l’accompagnement qu’ils assurent aux enfants.

Par ailleurs, il faut également renforcer le rôle éducatif de l’école. En effet, l’école a un rôle à jouer dans cette lutte. Elle doit promouvoir l’enseignement civique des valeurs républicaines et du vivre-ensemble dès l’enfance. Cette démarche éducative pourrait s’enrichir par la mise en place d’un « enseignement laïque du fait religieux » dans les écoles et les lycées. Ceci permettra d’assurer aux enfants l’ouverture nécessaire aux autres religions et aux autres convictions. Cette démarche permettra également de semer les « germes du vivre-ensemble » dès le plus jeune âge.

Attachement au dialogue interreligieux et interconvictionnel : Le dialogue interreligieux est une nécessité pour notre unité et notre cohésion. Ce dialogue doit se traduire au sein de nos lieux de culte et de nos familles par un discours d’estime et de respect envers nos concitoyens de toutes confessions et de toutes convictions, croyants ou non croyants.

Les musulmans de France s’ouvrent en continue, dans les villes et dans les quartiers, vers l’ensemble des religions et des convictions, en s’efforçant de renforcer les conditions d’un meilleur « vivre ensemble » entre toutes les composantes de la société française. L’objectif est de créer des espaces d’échange et de convivialité qui favorisent une meilleure connaissance mutuelle et une plus grande concorde entre les citoyens de toutes confessions et de toutes convictions.

Rejet de toute forme d’amalgame : Il convient de souligner qu’à travers le monde, les musulmans sont les premières victimes du terrorisme. Par ailleurs, l’ensemble des citoyens français de confession musulmane dénonce et condamne systématiquement et vigoureusement toutes les actions terroristes qui se sont produites sur notre territoire. A l’heure où nous nous interrogeons sur les processus de radicalisation et les moyens de les enrayer, il apparaît capital de rappeler que le premier rempart contre les extrêmes réside dans l’impérieuse nécessité de justice et d’équité dans le traitement des problèmes. Il faut rappeler que les actes anti-musulmans en 2015 ont été multipliés par trois par rapport à l’année 2014.

Heureusement, ces actes ont enregistré une baisse significative de près de 58 % en 2016 par rapport à l’année 2015. La condamnation de ces actes doit passer par la recherche effective des auteurs de ces actes et leur punition sévère, ainsi que par des déplacements symboliques ou des paroles fortes à chaque fois que cela est nécessaire.

Par ailleurs, nous assistons ces dernières années à la libération de la parole politique et médiatique stigmatisant les musulmans de France. Les polémiques récurrentes, faites d’exagérations médiatiques, incriminent les musulmans de France et creusent le fossé entre eux et leurs concitoyens. A ce sujet, nous saluons l’appel des institutions religieuses et civiles de notre pays à la vigilance contre tout amalgame qui transformerait la lutte contre la radicalisation et le terrorisme en une stigmatisation des musulmans de France.

Rejet de toute forme de stigmatisation ou de discrimination : Dans cette période difficile que traverse notre pays, nous appelons les responsables politiques, et plus particulièrement les candidats à l’élection présidentielle à faire preuve de davantage de discernement et à éviter de stigmatiser les musulmans de France, leurs rites ou leurs pratiques qui s’exercent dans le strict respect des lois républicaines qui garantissent la liberté religieuse.

Certaines théories sur le rôle supposé de l’islam dans la désagrégation de la République font des citoyens de confession musulmane des boucs émissaires. Cette démarche biaisée permet à certains de se soustraire du vrai débat sur les effets de la mondialisation et sur l’échec des politiques publiques en matière d’accès à l’emploi, à la santé, au logement, à la culture et aux droits en général. Les musulmans de France appellent à la reconnaissance des aspirations de la jeunesse, qui souffre d’inégalité dans son accès à l’éducation et au travail. Les citoyens français de confession musulmane ne peuvent supporter d’être discriminés dans leur propre patrie, pays des droits de l’homme et des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Il fut un temps où les musulmans de France réclamaient le droit à la différence. Aujourd’hui, ils n’aspirent qu’à un droit à l’indifférence.

Attachement à la reconnaissance de la mémoire des musulmans de France : Les musulmans de France aspirent à la reconnaissance et au respect de la mémoire de leurs coreligionnaires tombés sur le champ d’honneur pour que la France soit libre et le demeure. Inaugurée le 15 juillet 1926, la construction de la Grande Mosquée de Paris est un signe de reconnaissance de la France envers les musulmans après la mort de nombre d’entre eux lors de la première guerre mondiale.

Aujourd’hui, il convient de renforcer ce travail de mémoire notamment en valorisant la contribution des musulmans dans la construction du récit national. En effet, la révision de certains programmes d’histoire constitue un axe pertinent de travail. Trop de jeunes ignorent leurs racines, la richesse de leur histoire – une histoire qui ne se limite pas à la colonisation ou aux faits terroristes de ces dernières décennies – et ne connaissent pas les liens forts que la France et le monde musulman, notamment maghrébin, ont entretenus au cours du siècle dernier. Des liens de collaboration, d’amitié, d’enrichissements mutuels qu’il est bon de rappeler dans le contexte actuel, afin de raviver chez nos jeunes le sentiment d’appartenance nationale au pays qui est le leur.

Au nom des musulmans de France, nous élevons des Prières :

Que la France vive heureuse et prospère.

Qu’elle soit forte et grande par l’union et la concorde.

Que le Très Miséricordieux aide et protège la France et le peuple français.

 

Prêche du Vendredi 21 Avril « La position de l’islam vis-à-vis des attentas terroriste »

L’acte barbare qui a endeuillé la France le jeudi 20 avril dernier, ainsi que ceux passés exigent de notre part de donner la position de l’islam vis-à-vis de tels actes, à travers les points suivants :

1) Le Musulman ne doit jamais réagir aveuglement et sur la base de ses seules pulsions, mais au contraire, toujours à partir de la considération de tous les éléments d’une situation donnée et d’une compréhension globale des fondements de sa religion, car il se sait responsable de ses actes et de ses propos aux yeux de Dieu et aux yeux des hommes. Il veille, par conséquent, à ce que rien de ce qu’il dit ou fait ne puisse jamais être injustement imputé à la religion. Pourtant, combien de propos tenus par certains musulmans sur l’islam, sans les connaissances requises, et combien d’actes commis dénués de toute compréhension de l’islam lui sont imputés ? Dieu nous met en garde contre le fait de Lui attribuer des propos injustement :

« N’inventez pas par vos langues des mensonges, en disant « ceci est permis », et « cela interdit » dans le dessein de mentir sur Dieu, car ceux qui mentent sur Dieu ne réussissent jamais » (Chapitre L’abeille, Verset 116).

L’islam exhorte le musulman à être le meilleur ambassadeur de sa religion, envoyée sur terre comme une miséricorde pour l’humanité toute entière. Ainsi Dieu lie-t-il la modération qui doit être celle de la communauté musulmane et sa retenue à son devoir de témoignage de la justice devant les hommes en disant : « C’est ainsi que Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu afin que vous soyez les témoins des gens et que le Messager soit votre témoin » (La Vache, verset 143).

2) L’islam interdit l’assassinat et l’attentat à la vie humaine. Les textes à ce sujet sont très nombreux. Parmi eux, il y a ce verset :  » Et c’est pour cela que nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tue une âme sans que ce soit pour une âme ou pour une corruption aura tué toute l’humanité et quiconque en garde une en vie aura gardé toute l’humanité en vie » (Chapitre La Table Servie 32). Il y a aussi ce hadith qui dit : « Le serviteur peut espérer demeurer dans les largesses de la religion, tant qu’il ne verse pas une goutte de sang, interdite » (recueilli par Albukhari).

Il n’est pas juste d’opposer à ces textes et à ceux allant dans le même sens ceux qui autorisent le droit de légitime défense auquel une autorité légale et reconnue peut avoir recours en cas d’agression. Ces derniers n’établissent pas de règles quant aux relations que les musulmans doivent avoir entre eux et/ou avec les non-musulmans. La règle, en la matière, est celle qu’édicte le verset du chapitre Les Chambres : « Ô vous les hommes, Nous vous avons, assurément, créés en hommes et femmes et avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous fassiez mutuellement connaissance. Le meilleur parmi vous aux yeux de Dieu est le plus pieux ». L’islam considère que ce qui doit caractériser les relations humaines c’est la connaissance mutuelle et la paix. On ne peut, donc, pas opposer les versets les uns aux autres dans le seul but d’abroger d’autres versets coraniques coercitifs et des hadiths authentiques qui incitent à la bienséance, au vivre-ensemble et au dialogue.

3) La vie, de quelque personne que ce soit doit, être protégée, sur la base de l’anoblissement que Dieu a réservé aux hommes, et qui les recouvre tous (Chapitre Le voyage nocturne Verset 13). Les enseignements islamiques ne font, à ce sujet, aucun distinguo entre un musulman et un non-musulman. Et ce, tant et si bien que le Prophète dit : « Quiconque tue une personne avec qui les Musulmans ont un pacte ne sentira point l’odeur du paradis…» (recueilli par Alboukhari).

4) Le Musulman doit condamner toutes les injustices, quels qu’en soient les auteurs et quelles qu’en soient les victimes. Pour cette raison, il lui est demandé de les dénoncer et de défendre les sanctuaires de toutes les religions. Dans ce sens Dieu dit : « Si Dieu ne protégeait pas certains humains d’autres, il serait détruit des synagogues, des oratoires, des églises et des mosquées dans lesquelles on cite le nom de Dieu à maintes reprises. Et Dieu secourra effectivement quiconque Le secourt. Il est assurément très Puissant et très Fort » (Chapitre Le pèlerinage, Verset 40). Aussi est-il recueilli du prophète ceci : « Secours ton frère auteur ou victime d’injustice ». Un homme lui dit : « Je le secours quand il est victime d’injuste. Mais s’il en est auteur, comment puis-je le secourir ? Il répondit : En lui mettant des entraves à l’injustice ou en l’en empêchant. Ainsi le secours-tu » ( recueilli par Alboukhari).

Comme il lui est prescrit de dénoncer ce qui arrive à ses frères, en religion, comme injustices, il est exigé de lui qu’il condamne toute injustice qui frappe tout humain. Le Prophète dit : « Craignez l’invocation d’une victime d’injustice, même non-croyante, car il n’y a aucun obstacle entre elle et Dieu » (recueilli par les imams Ahmad et Abu Ya’lâ).

5) S’il est entendu que l’on doit condamner l’injustice que subit toute victime, il l’est encore davantage si ce sont tes concitoyens qui en font les frais, car tu es des leurs et les accompagnes dans les moments de joie, comme ceux de malheur. Et de fait, les prophètes, nonobstant tout ce qu’ils ont subi de la part de leurs peuples, jamais ils n’ont cessé de rappeler les liens qui les liaient aux leurs. Le Coran l’illustre à plus d’une reprise lorsqu’un prophète s’adresse aux siens (qui le combattent) par cette expression : « Ô mon peuple ». Et combien, par exemple, le Prophète était attaché à la Mecque, en dépit du rejet par ses habitants de son message ? Pourtant, une fois chassé d’elle, par amour pour elle il lui parle, comme on parle à un humain, et comme pour s’excuser de devoir la quitter, en ces termes : « Par Dieu tu es la meilleure terre de Dieu qui soit et celle que j’aime le plus. Et si tes habitants ne m’avaient pas expulsé de toi, jamais je ne t’aurais quittée » (recueilli par Ahmad, Al-Tirmidhi, Al-Nassa’i, Alhâkim, Ibn Mâjah et Al-dârimi).

6) Notre attachement à la sécurité de notre pays et à la défense de tous ses citoyens et notre rejet de l’injustice et de toute agression ne doivent nullement nous empêcher d’exprimer nos idées en tant que citoyens, épris de justice, avec objectivité et impartialité, sur ce qui se passe dans le monde et au sujet des différentes politiques conduites dans notre pays, soucieux que ces dernières soient les plus proches possibles de la justice et de l’impartialité. Chose dans laquelle nous nous trouvons au même titre que le restant de nos concitoyens, animés des mêmes idéaux, en dépit des différences de croyances.

7) Nous devons comprendre que la sécurité est un des plus grands bienfaits qui soient. Dieu dans le Coran rappelle aux Mecquois ce cadeau infiniment énorme lorsqu’Il dit : « Alors qu’il adore le Seigneur de cette demeure qui les nourrit, après faim, et les protégea de l’insécurité ». Comme le Prophète dit : « Celui qui se réveille en bonne santé, en sécurité, et en possession de sa subsistance quotidienne est comme celui qui a en sa possession tous les bienfaits du monde » (recueilli par Ibn Hibbâne). Or, la sauvegarde de la sécurité est l’affaire de tous. C’est ensemble que nous devons ou pouvons contrer quiconque veut ou voudra couler notre bateau commun, comme le mentionne un autre propos du Prophète.

8) Le devoir du Musulman face à cette tragédie qui a endeuillé notre pays est de veiller à ce qui suit :

  1. a) Chercher la science auprès des personnes qui la détiennent et aux bons endroits. Dieu dit : « Demandez alors aux gens du rappel (le savoir) si vous ne savez pas » (Les prophètes, V. 7). Faisant la glose de ce verset, al-Saadi dit : « Il y a dans ce verset l’ordre d’apprendre auprès des gens du savoir et de les interroger. Et par là, il y a l’interdiction d’interroger celui qui est connu comme ignorant, pas formé».
  2. b) Eduquer nos enfants dans les principes de tolérance de l’islam, qui appellent au bien, à l’entre-aide, à la miséricorde et l’amour d’autrui, à la paix, et proscrivent l’injustice et l’agression, ainsi que prendre en charge l’orientation de nos jeunes, le dialogue avec eux, afin de les protéger de toute idéologie extrémiste.
  3. c) Enseigner les valeurs fondamentales de cette religion afin que notre pratique de la religion redonne à la communauté musulmane sa place du juste milieu, en répondant à l’injonction divine, qui veut que nous agissions ainsi (Chapitre La vache V. 143).
  4. d) Œuvrer sans relâche à protéger le vivre-ensemble dans notre société, à la lumière de ce propos divin : « Aidez-vous dans le bien et la piété. Ne vous aidez point dans le pêché et l’agression ». Et le Prophète qui a établi la constitution de Médine qui consacra le vivre-ensemble, l’égalité et la concitoyenneté dans cette cité est le meilleur exemple qui soit. Puisse Dieu faire de nous des gens qui honorent les principes de leur religion, œuvrent pour la justice et font le bien à toutes les créatures.

Communiqué UMG suite à la fusillade du Jeudi 20 avril au champs Elysées

C’est avec une grande tristesse que nous apprenons, qu’un homme a attaqué jeudi soir des forces de l’ordre stationnées sur les Champs-Elysées faisant parmi les policiers un mort  M. Xavier Jugelé . Cet événement inqualifiable a aussi fait deux blessés parmi les forces de l’ordre ainsi qu’une touriste.

L’UMG condamne avec la plus grande vigueur cette nouvelle attaque lâche et barbare qui a délibérément ciblé les forces de l’ordre qui sont fortement exposées.

Nos pensées attristées vont à la victime et à sa famille. Nous souhaitons aux blessés et aux personnes traumatisées par cet événement un prompt rétablissement et leur adressons notre profonde sympathie.

Ce sont nos valeurs communes et donc nous tous que cet attaque abject ciblait. C’est donc avec cohésion et détermination que nous devons y faire face, en restant fidèles à nos valeurs et sans céder aux raccourcis et aux amalgames que nous viendrons à bout de ce danger que représente l’extrémisme.

Cette attaque intervient à un moment crucial pour le pays, à quelques jours des élections présidentielles symbole de la démocratie française. Elle a été perpétrée sur les Champs-Elysées, lieu hautement symbolique de la France.

Nous souhaitons assurer nos forces de l’ordre, ciblées par cet acte odieux, de notre soutien, conscients de la difficulté et à l’importance de leur mission.

Nous saluons le grand professionnalisme des policiers qui ont réagis très vite, avec courage et sang-froid, en neutralisant l’assaillant et évitant ainsi une tragédie encore plus grande au pays.

Cette nouvelle attaque confirme que le niveau de la menace terroriste reste malheureusement extrêmement élevé. Devant la gravité de la situation,  nous appelons  les citoyens Guyancourtois à l’unité et à la solidarité.

Guyancourt , le 21 avril 2017

 

 

Aid Al-fitr 1437 / 2016

COMMUNIQUE : « AID EL FITR » MERCREDI 6 JUILLET :
Le Bureau du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), réuni ce Lundi 4 Juillet 2016 à la Grande Mosquée de Paris, en présence de dignitaires religieux et de représentants des fédérations musulmanes, annonce que la Fête de l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois sacré de Ramadhan pour l’an 1437 de l’Hégire correspond au :  Mercredi 6 juillet 2016.
L ‘UMG adresse, en cette circonstance bénie, ses chaleureuses félicitations à l’ensemble des musulmans de Guyancourt et leur présente ses meilleurs vœux de bonheur, de santé et de prospérité.
Nous implorons Allah Tout Puissant pour qu’Il accepte notre jeûne, qu’Il nous comble de Sa Clémence et de Sa Miséricorde, qu’Il nous accorde la Paix et soulage tous ceux qui souffrent dans les épreuves qui les frappent.
‘UMG  saisit cette occasion pour assurer l’ensemble de nos concitoyens de toutes confessions et de toutes convictions, de ses prières fraternelles pour que notre Nation vive dans la Paix et la Solidarité.


Nous suivrons la décision du CFCM pour la détermination du jour de AID Alfitr.

Une Commission se tiendra   le lundi 4 juillet  à 18h30 en présence des membres du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), des représentants de l’ensemble des fédérations et ceux de la communauté musulmane de France dans toute sa diversité à la mosquée de PARIS.

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La prière de l Aïd est prévue à 8h30

Au pavillon

Waldeck Rousseau

Quartier Villaroy

Rue Jacques-Ange Gabriel, Guyancourt

La salle sera ouverte à partir de 7h00

Ne pas oublier

  • Votre tapis de prière.
  • Des gâteaux /boissons qu’on partagera ensemble après la prière

Programme conférence à la mosquée de Guyancourt

Jours date Horaire Intervenant Titre de l’intervention
Samedi 11-juin Après Al-Asr Cheikh Azzedine Joulid  Ramadan Mois de piété
Dimanche 12-juin Après Al-Asr Le frère Abdelaati Bentalha Le rôle de la prière dans l ascension et la purification de l’Ame
Samedi 18-juin Après Al-Asr Le frère Habib Bekri Comment prêcher l’Islam selon le Coran et la Sounna
Dimanche 19-juin Après Al-Asr L’imam ALI Ramadan mois des prières de nuit
Mardi 21-juin Après Al-Asr Cheikh Mohamed Lamine Importance de l’éducation des enfants
Samedi 25-juin Après Al-Asr Le frère Habib Bekri  Leçons à tirer de la bataille de Badr
Dimanche 26-juin Après Al-Asr Le frère Haimadi Youcef Jeûnons nous vraiment
Lundi 27-juin Après Al-Asr Cheikh Mohamed Lamine Importance de l’éducation des enfants
Mardi 28-juin Après Al-Asr Cheikh Mohamed Lamine Ramadan Mois de pardon
Samedi 02-juil Soirée Le professeur Hassan Iquioussen  Face  à la radicalisation et  l’islamophobie,  quelle éducation pour nos jeunes 
Dimanche 03-juil Après Al-Asr Le frère Abdelaati Bentalha Bilan Ramadan

Fatwa cefr prières de tarawih tardives

Au Nom de Dieu, le Clément, le Très Miséricordieux

Avis juridique sur le fait d’avancer la prière nocturne du Ramadan (salât tarawih) dans

certaines régions du fait de la tardivité de l’heure de la dernière prière canonique (salât el ichâ).

Question :

Les responsables d’associations, de mosquées ainsi que les imams s’interrogent sur la possibilité

d’avancer l’accomplissement de la prière tarawih avant l’heure initiale de la prière de al ‘ichâ, qui

dans certaines régions et pays européens doit parfois être effectuée après minuit.

Réponse :

Il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’une question importante et d’une préoccupation réelle pour les

musulmans en général et les associations cultuelles en particulier.

Conformément aux règles de la Shari’a, deux réponses peuvent être apportées à cette situation :

Premièrement :

Il nous est possible de retarder l’accomplissement dans la mosquée de la prière du maghreb afin de

laisser les fidèles rompre leur jeûne chez eux pour ensuite rejoindre les mosquées après 20 voire 40

minutes et accomplir ainsi salât al maghreb en la regroupant avec la prière de al ‘ichâ. Cette

possibilité se fonde sur le fait que le Messager de Dieu – que la paix et la bénédiction de Dieu

soient sur lui – a rassemblé les prières du dhohr (midi) et du ‘asr (après-midi) ainsi que celles du

maghreb (crépuscule) et du icha (nuit) alors même qu’il était à Médine et qu’il n’avait pas de

justifications. Et lorsque Ibn ‘Abbas fut interrogé sur cette pratique, sa réponse fut la suivante :

« Le Prophète – que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui – a tenu à ce qu’il n’y ait pas

de pénibilité infligée à la Communauté ». [Rapporté par Mouslim].

C’est sur ce fondement que l’École textualiste Dhahirite et l’imam Achab de l’École Malikite ont

autorisé ce regroupement des prières sans avoir à justifier d’un motif particulier (voyage, travail, peur,

etc.). Ceci rappelé, au cas présent, il existe un motif réel qui consiste à alléger aux gens leur adoration.

Ainsi, après avoir regroupé les deux dernières prières canoniques et réaliser la prière de tarawih, les

fidèles pourront retourner chez eux avant la survenance de la prière de al ‘ichâ.

Ceci est permis dans la mesure où le fait de retarder la prière du maghreb afin de permettre aux gens

de rompre tranquillement leur jeûne chez eux, ne s’oppose en rien aux Textes selon la très grande

majorité des savants spécialistes. D’ailleurs, on peut remarquer que depuis plusieurs décennies, la

Mosquée Sacrée de La Mecque retarde de 10 à 15 minutes pour la prière du maghreb afin de faciliter

la succession entre la rupture du jeûne et l’accomplissement de la prière. On peut aussi rajouter le fait

que l’un des objectifs réalisé par cette mesure est de permettre la réunion d’un plus grand nombre de

fidèles pour la prière collective.

De même, il est notoirement autorisé d’avancer la tenue de la prière nocturne de tarawih avant la

dernière prière du al ‘ichâ et ceci sur la base des propos de certains théologiens de l’École Hanafite

tels que Badreddine Al-‘Ayny et Ibn ‘Abidine selon lesquels on compterait généralement trois avis sur

cette question dont celui-ci:

Il est possible de considérer que le temps légal d’accomplissement de tarawih s’étend durant toute la

nuit. De la même manière, il est également permis de commencer la prière du tarawih avant salat al

‘icha et de la continuer après. Enfin, toujours selon le même avis, il est autorisé de commencer la

prière du tarawih avant le witr (dernière unité de prière surérogatoire) et de la terminer après.

Cet avis, même s’il est très probable que ce ne soit pas la position majoritairement partagée de

l’École Hanafite, a néanmoins été rapporté par Isma’il Az-Zâhed et d’autres théologiens de

Boukhara (Ouzbékistan) qui, confrontés à une situation identique à celle que les musulmans

européens connaissent, ont opté pour cette position.

Je considère cette position comme étant équilibrée, juste et dans l’intérêt des Croyants qui pourront

ainsi continuer sans peine à bénéficier en masse avec leurs enfants, des immenses bienfaits spirituels

durant les nuits bénies du Ramadan.

Deuxièmement :

Il serait également possible pour les fidèles d’accomplir la prière du maghreb en son heure et de se

rendre à la mosquée environ 30 minutes après pour commencer les prières nocturnes de tarawih avant

la dernière prière de al ‘ichâ et ce, conformément à l’avis hanafite mentionné plus haut. Dans ce cas,

une fois la prière du tarawih terminée, l’imam n’aura plus qu’à accomplir la prière du icha en son

temps et conclure par le witr.

Cependant, cette dernière possibilité, du fait de l’heure tardive de la prière, peut engendrer une trop

grande difficulté à celles et ceux qui travaillent, de même que ceux qui auraient des difficultés pour se

lever pour la collation avant le jeûne – souhour – ou pour accomplir tout simplement la prière

canonique de l’aube fajr en son temps. De la même manière, son application peut causer un certain

nombre de désagréments et de nuisances nocturnes envers le voisinage non musulman.

Dans ce cas de figure, et en dépit du fait que les gens puissent être étonnés par cette solution, la

première possibilité reste à mon sens la plus fidèle aux finalités de notre Législation (maqasid

achari’a). Elle sera d’autant mieux adoptée qu’elle constitue réellement une facilité et un allègement

pour les fidèles leur permettant de veiller les nuits du Ramadan dans la prière, la lecture du

coran et dans les invocations. Enfin, la première solution oeuvre également à la conservation

de ce grand rite surtout pour les musulmans vivant dans les pays non musulmans.

 

Paris, le 16 shaâban 1434 (25 juin 2013)

Cheikh Ounis Guergah.

Membre du Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche

Ancien président de Dar al Fatwa.

Professeur de droit comparé à l’IESH de Paris.

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